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Se sentir seul.e au Québec : pourquoi c’est normal (et temporaire)

il y a 6 jours
4 min de lecture

Se sentir seul(e) après une immigration au Québec est une expérience fréquente. Découvrez pourquoi cette solitude est normale, les mécanismes psychosociaux en jeu et comment la surmonter.

Introduction : cette solitude dont on parle peu

On parle souvent de trouver un emploi, de se loger ou de faire ses démarches...

Mais beaucoup moins de ça : cette solitude, ce sentiment qui tient parfois très souvent.

Et pourtant… c’est une réalité fréquente. Parfois même inattendue. Parfois difficile à expliquer. Parfois culpabilisante. “J’ai choisi de venir… alors pourquoi je me sens comme ça ?”


Les études sont claires : Les immigrants sont plus susceptibles de ressentir de la solitude que les personnes nées au Canada.

Environ 1 immigrant sur 4 dans le monde vit un sentiment de solitude.

Cela s’explique notamment par :

  • la perte du réseau social

  • les difficultés à créer de nouveaux liens

  • le choc culturel

Bonne nouvelle : ce sentiment diminue généralement avec le temps, à mesure que les repères se reconstruisent.


Pourquoi se sent-on seul.e en immigration ? (explications psychosociales)

1. La rupture des repères sociaux

En immigrant, tu perds tes amis, ta famille, tes habitudes, ton environnement familier.

Ton cerveau se retrouve dans une situation d’insécurité sociale.

Et il cherche à recréer du lien… mais ça prend du temps.


2. La différence entre solitude et isolement (peu connue)

Tu peux voir des gens tous les jours… et te sentir seul(e)

Pourquoi ? Parce que la solitude est subjective.

Elle apparaît quand tes relations ne correspondent pas à ce dont tu as besoin émotionnellement. C’est pour ça que même avec un emploi ou des collègues…on peut ressentir un vide.


3. Le choc culturel invisible

On parle souvent de culture… mais moins de ce que ça fait vivre :

fatigue mentale, incompréhension des codes, sentiment de décalage

Tu dois “traduire” en permanence le monde autour de toi

Résultat : tu te sens seul(e)… même entouré(e).


4. La barrière linguistique (même subtile)

Même si tu parles français : les expressions, l’humour, les codes sociaux sont différents.

Et ça crée une distance invisible.


5. La reconstruction de ton identité

C’est un point très peu abordé.

En immigrant, tu passes de : “personne intégrée dans son pays” à “personne en reconstruction”.

Tu dois redéfinir :

  • qui tu es

  • ta place

  • ton rôle

Et cette transition peut créer… de la solitude


Mon expérience personnelle

Quand je suis arrivée en 2018, je pensais que le plus difficile serait de trouver un emploi…à vrai dire, le problème de l'emploi n'en était pas un en 2018 (même s'il l'est devenu 3 ans après). Du travail, j'en ai eu dès mon arrivée. Des collègues aussi. De nouvelles multiples connaissances...

Mais en réalité, le plus difficile a été ce sentiment de décalage. D’être entourée… mais pas vraiment connectée. De ressentir le manque de mes proches. Cette sensation que personne ne me connaissait et de devoir refaire mes preuves avec tout le monde. La difficulté était aussi de faire le tri entre ce (et celles.ceux) qui me ressourçait, et ce qui me prenait plus d'énergie au lieu de m'aider à me reconstruire.

J'ai eu la chance de rencontrer des personnes formidables dès le départ. Même en hiver malgré le froid, nous sortions beaucoup, grâce à une communauté très active à Montréal. C'est l'une des forces de cette ville. Mais même avec cette vie sociale présente, le sentiment est resté longtemps. Car l'établissement de relations intimes et ressourçantes prend du temps à se construire et demande beaucoup d'adaptation, pour tout.e nouvel.le arrivant.e.

Bonne nouvelle. Cette solitude s'éloigne ensuite. Et quand je regarde derrière moi après 8 années, je réalise tout ce qui m'y a aidé.


Pourquoi cette solitude est temporaire ?

Parce que ton cerveau s’adapte ;

Parce que tu reconstruis ton réseau ;

Parce que tu apprends les codes ;

Et surtout : parce que tu évolues ! Tes attitudes, tes gouts vont se modifier, au contact de toutes ces nouvelles expériences et nouveaux codes sociaux.

Les études montrent que plus le temps passe, plus les immigrants développent des relations et moins ils ressentent de solitude. Et cette évolution est parfois fluide, parfois rude, mais très aussi magique à vivre !


Comment mieux vivre cette période ? Conseils concrets :

1. Créer du lien (même petit)

Une conversation, une activité, un café. Ce sont les micro-connexions qui comptent et qui propulsent le futur. Maintenant que tu arrives sur ce nouveau territoire, adulte. Demande-toi vers quelles personnes tu souhaites te diriger, car les affaires prennent vite icitte !


2. Parler de ce que tu ressens

Ne pas garder pour soi et normaliser l’expérience. S'exprimer sur son vécu et ses ressentis va te permettre plusieurs choses: d'abord ventiler et faire du bien à ta santé mentale, ensuite prendre des informations primordiales, en confrontant ton arrivée avec celle d'autrui (conseils et réactions vont pleuvoir et tu pourras faire toi-même le tri de toutes ces nouvelles informations). Enfin, cela t,amènera à comprendre ce que tu vis.

Mettre des mots permet de diminuer l’impact émotionnel.


3. Accepter que ça prend du temps

L'intégration sociale est un processus lent et solidifiant, fait de hauts et de bas. Plus tu en prends conscience, plus tu t'éloignes de possibles moments d'anxiété, de doutes et de frustrations ou colères.


4. Se faire accompagner

Si tu ressens des émotions fortes et pense nécessaire qu'un professionnel te conseille, pour ne pas traverser ça seul(e). Beaucoup de thérapeute sont formés à l'accompagnement des nouveaux arrivants et de ces enjeux. Tu peux par exemple consulter l'ordre des psychologues du Québec pour en savoir plus : https://www.ordrepsy.qc.ca/


Ce qu’on ne dit pas assez

Se sentir seul(e)…ne veut pas dire que tu as fait le mauvais choix.

Ça veut dire que tu es en train de changer de vie.


Conclusion : une étape, pas une finalité

La solitude en immigration est fréquente, normale car humaine

Mais surtout : elle est temporaire !

Avec du temps, du lien et du soutien, elle laisse place à autre chose : le sentiment d’appartenance...


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